La prothèse totale de hanche

  • Définition + chirurgie mini-invasive
  • Les types de PTH
  • Les techniques chirurgicales
  • Les étapes

Définition de la prothèse totale de hanche

La prothèse totale de la hanche est le traitement chirurgical de l’arthrose de la hanche lorsque le traitement médical n’est plus efficace ou dépassé.

La prothèse totale de hanche (PTH) permet de remplacer les zones de cartilage usé et abîmé par des pièces artificielles de forme et de taille semblable.

Une prothèse totale de hanche (PTH) est formée de deux éléments artificiels qui remplacent l’articulation de la hanche :
  • Une prothèse cotyloïdienne (cupule et insert cotyloïdien) qui est fixée au niveau du bassin,
  • Une prothèse fémorale dont la tige est fixée dans la partie haute du fémur sur laquelle est insérée une tête fémorale qui fait la jonction fémur-cotyle.

Les indications

Le remplacement de l’articulation de la hanche par une prothèse totale de hanche (PTH) est nécessaire dans les cas suivants :

  • Arthrose de hanche ou coxarthrose (usure du cartilage de la tête fémorale),
  • Nécrose de la tête fémorale,
  • Maladie rhumatismale ou infection.
  • Prothèse totale de hanche droite

    Les principaux avantages d’un remplacement total de la hanche :

    1. La disparition de la douleur de la hanche,
    2. Le retour à la mobilité,
    3. L’amélioration de la qualité de vie.

    Les différents types de prothèses totale de hanche ou PTH

    Il existe de nombreux modèles de prothèse totales de hanche (PTH) selon leur forme et les matériaux prothétiques mis en place (polyéthylène, métal, céramique…).

  • La tige fémorale qui s’insère dans la partie creuse du fémur peut être longue ou courte, en titane ou en chrome cobalt.

  • Elle peut être impactée. La tige non cimentée est insérée dans l’os et elle comporte à sa surface un revêtement spécial (titane recouvert d’hydroxyapatite) au contact duquel l’os adhère et maintient durablement l’implant,
    Elle peut être cimentée et fixée à l’aide d’une résine acrylique, le polyméthylmétacrylate (PMMA).
  • La cupule non cimentée est le plus souvent en titane ou en inox recouvert d’hydroxyapathite. Elle peut être cimentée pour le polyéthylène ou l’inox.
  • L’insert cotyloïdien est en céramique ou en polyéthylène (PE) et exceptionnellement en métal.


  • Sa matière dépendra du couple de frottement choisi :

  • Les couples dur/dur : céramique/céramique ou métal/métal (tête fémorale/insert cotyloïdien),
  • Les couples dur/mou : metal/PE ou céramique/PE (tête fémorale/insert cotyloïdien).


  • Le choix entre une prothèse cimentée et non cimentée se fait en fonction de l’âge du patient, de sa morphologie, de la forme de l’os et surtout de la qualité osseuse.

    La prothèse totale à double mobilité, proche de la prothèse totale de hanche classique, contient une cupule en polyéthylène mobile qui la rend plus stable, réduisant ainsi le risque de luxation.

  • Prothèse fémorale scellée et prothèse fémorale non scellée
  • Il n’y a pas de différence de durée de vie de la prothèse selon le système de fixation choisi qui est déterminé par la qualité de l’os.

    Seul votre chirurgien pourra vous éclairer sur le choix des matériaux les plus appropriés à votre situation.

    LES TECHNIQUES CHIRURGICALES

    Il existe plusieurs techniques de pose de prothèse totale de hanche (PTH). Elles se posent :

    • Soit par voie non invasive,
    • Soit par voie invasive.

    Par voie non invasive :

    La voie antérieure ou voie de Hueter modifiée, est la voie que j’utilise pour poser une prothèse totale de hanche. L’abord antérieur permet de passer entre les muscles moteurs principaux de la hanche, moyen fessier et grand fessier sans les couper et de ne couper que le col et la tête du fémur qui sont remplacés par la prothèse. Cette voie d’abord est donc qualifiée de mini-invasive. Elle permet donc une récupération fonctionnelle plus rapide. Elle est celle qui présente le moins de risque de luxation.

    Par voie invasive :

    • La voie antéro-externe ou trans-musclulaire des fessiers dite voie d’Hardinge modifiée est une voie latérale directe. Elle a pour inconvénient de sectionner partiellement les muscles fessiers et peut léser le nerf glutéal. Cela peut entraîner une boiterie.
    • La voie postérieure est une voie souvent utilisée pour sa facilité d’abord mais qui nécessite le passage par le grand fessier et la section des muscles postérieurs pelvi-trochantériens qui sont des rotateurs et stabilisateurs de la hanche d’où le risque de luxation postérieure. De plus cette voie est proche du nerf sciatique.

    Les étapes

    En consultation :

    - Réalisation d’une radiographie à taille réelle :

    Un cliché radiographique spécial à taille réelle est réalisé avant l’intervention, avec positionnement d’un repère métallique (boule en métal). Cette radiographie permet de déterminer précisément l’agrandissement et de faire des mesures osseuses précises. Avec l’aide de calques, correspondant exactement à l’agrandissement des clichés, on peut planifier de façon très précise le positionnement futur des implants prothétiques. On peut ainsi définir le niveau de coupe osseuse adaptée, de façon à reproduire l’anatomie de la hanche.

    Cette planification permet d’optimiser au maximum le positionnement et la taille de la prothèse. Il existe pour chaque modèle de prothèse, plusieurs tailles pour s’adapter à toutes les morphologies osseuses.

    Préparation du rendez-vous chez l’anesthésiste et de votre hospitalisation

    Pour votre rendez-vous chez l’anesthésiste :

    On prévoit un bilan cardiaque, un bilan dentaire, deux bilans sanguins, pour votre rendez-vous chez l’anesthésiste,

    Pour votre hospitalisation :

    On prévoit des chaussettes de contention pour votre intervention et des cannes anglaises et des séances de kinésithérapie à réaliser avant votre hospitalisation pour vous préparer à la marche à votre retour en chambre à l’issue de l’opération.

    Entrée en clinique :

    L’entrée à la clinique se fait la veille ou le matin d’une intervention. Votre dossier est vérifié par l’infirmière, l’anesthésiste et le chirurgien.

    Après le temps d’installation dans votre chambre, c’est le moment de la préparation cutanée pour lutter contre les infections.

    Le jour J

    L’intervention dure en moyenne une heure trente, suivie d’une surveillance d’environ deux heures en salle post-interventionnelle.

    Dès votre réveil vous pouvez remuer les pieds et plier les genoux. C’est le début de la rééducation. Cela réveille les muscles en douceur et favorise la circulation veineuse.

    Les chaussettes de contention évitent les phlébites.

    Déroulement de l’intervention :

    Je pratique la voie antérieure sur table orthopédique. Cela facilite l’exposition de la hanche. Le patient est installé en décubitus dorsal (couché sur le dos) sur la table d’opération.

    Afin de ne pas léser le nerf fémoro-cutané, l’incision, d’environ 10 cm, est centrée sur le muscle tenseur du fascia lata. 

    La gaine du muscle est incisée permettant d’écarter le muscle et d’éloigner le nerf fémoro-cutané.

    La capsule articulaire est incisée en forme de drapeau pour être conservée.

    La coupe du fémur est réalisée à la hauteur prévue en pré opératoire (voir radios à taille réelle). Cela permet de sortir la tête sans forcer. Le cotyle est exposé et préparé à la fraise motorisée.

    La prothèse cotyloïdienne définitive peut être impactée ou scellée.

    La préparation du fémur est facilitée par la position de la table. Le fémur est alésé progressivement jusqu’à sa taille définitive. La tige et la tête fémorale d’essai permettent d’évaluer la longueur et la stabilité de la hanche.

    Puis la prothèse fémorale définitive est impactée ou scellée.

    La voie d’abord antérieure permet une fermeture moins traumatisante. Je referme la capsule. La gaine du tenseur est rapprochée par un surjet. Le plan graisseux sous cutanée est rapproché par des points résorbables et la peau est suturée. Il n’y a en général pas de drainage.

    Séjour en salle de réveil :

    Une fois l’intervention terminée, vous êtes surveillés pendant 1 à 2 heures en salle de réveil, au sein du bloc opératoire avant votre remontée en chambre.

    Retour en chambre :

    Dès le retour en chambre, une collation vous sera servie.

    Les patients opérés le matin seront levés par le kinésithérapeute de la clinique et remarcheront le jour même de l’intervention en appui complet à l’aide des cannes ou d’un déambulateur.

    L’hospitalisation peut se faire en ambulatoire mais je préfère une hospitalisation sur deux ou trois jours.

    Dès la fin du premier mois :

    • Vous serez souvent capables de marcher sans canne. L’articulation pourra être encore sensible ou fatigable au démarrage ou en cas de marche prolongée.
    • Vous pourrez reprendre une vie normale sédentaire et non sportive, recommencer à conduire ou porter des charges modérées.
    • Le bricolage et le jardinage seront possibles, mais en douceur et sans excès.

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    La période de convalescence dure de un à trois mois car chaque patient évolue à son rythme. Les délais indiqués sont donc une moyenne et il faut respecter la vitesse d’évolution de chacun.

    Une erreur classique consiste à penser qu’une rééducation intensive accélèrerait la convalescence : c’est bien au contraire une source de douleurs, d’hématome ou de tendinite qui doit vous alerter et vous inciter à plus de repos.