Docteur Michaël Hossenbaccus - Chirurgien Orthopédiste - Chirurgien du membre inférieur - Chirurgie de la main - Consultations sur rendez-vous au 05 53 02 16 17

La récupération rapide après chirurgie (RRAC)

Le principe de la « RRAC » est de permettre un rétablissement rapide des conditions physiques et psychiques du patient hospitalisé. Le patient est responsabilisé et devient acteur de son intervention et des suites. Elle peut s’appliquer à tout type de chirurgie. Il s’agit d’une approche pluridisciplinaire qui demande l’implication de tous : le chirurgien, l’anesthésiste, les infirmiers, les aides-soignants, le kinésithérapeute et bien sûr le patient lui-même.

Qu’est-ce que la RRAC ?

La récupération améliorée après chirurgie (RRAC) est un ensemble de mesures (avant, pendant et après une intervention chirurgicale) visant à minimiser le traumatisme subi par le patient et donc d’accélérer sa récupération à la fois sur le plan général et sur la fonction du membre opéré.

Un programme RRAC s’articule autour de trois phases dans lesquelles sont impliqués plusieurs facteurs autour du patient (anesthésistes, chirurgiens, kinésithérapeutes et infirmières de consultation). Une fois l’indication opératoire posée par le chirurgien, le patient se verra remettre les informations pratiques sur le déroulement de son hospitalisation (par l’infirmière de consultation et la secrétaire) ainsi qu’un rendez-vous d’anesthésie et un bilan biologique à réaliser. C’est à l’issue de cette consultation d’anesthésie que va démarrer la première phase.

PHASE 1

La préparation à l’intervention

Elle est orchestrée par le médecin anesthésiste qui va « conditionner » le patient à l’intervention en optimisant au maximum sa santé physiologique.

Lors de la consultation d’anesthésie, des patients peuvent se voir prescrire une cure de fer. Cette prescription sera réalisée en fonction du résultat du bilan biologique prescrit lors de la consultation chirurgicale au minimum trois semaines avant l’opération. Il peut y être adjoint des cures d’EPO à domicile, en collaboration avec une infirmière et le médecin traitant, si le taux d’hémoglobine le requiert. Ce protocole permet de réduire les transfusions sanguines per et post-opératoires.

Par ailleurs, le patient va bénéficier d’une information à la fois simple et complète sur tout ce que comporte ce programme. Cette première phase vise à ce que le patient adhère pleinement au programme en le rassurant sur l’attention qui va être portée à la sédation de la douleur afin de minimiser l’impact physique et psychologique lié à l’intervention et enfin que tout soit déjà prêt pour son retour à domicile.

PHASE 2

L’hospitalisation

Elle démarre pendant l’hospitalisation qu’elle soit ambulatoire ou non. Tout d’abord, en fonction de la planification opératoire, la période de jeûne préopératoire (une boisson sucrée 2 heures avant l’intervention) ainsi que les prémédications sont réduites au maximum afin de limiter le stress et de faire descendre au bloc un patient confiant et non trop endormi par des sédatifs puissants comme cela était le cas par le passé.

L’intervention en elle-même va obéir à des règles chirurgicales et anesthésiques bien codifiées : l’anesthésie multimodale.
La durée d’anesthésie est la plus courte possible. On utilise plusieurs médicaments qui prolongent l’effet antidouleur de l’anesthésie sans l’effet de somnolence. Des infiltrations d’anesthésiques locaux à longue durée d’action sont réalisées dans la plaie opératoire afin de limiter la consommation de morphine post-opératoire. Des hémostatiques par voie locale et par voie générale sont réalisés dans le but de diminuer le saignement post-opératoire et donc la fatigue liée à l’anémie. Ainsi, la déambulation et la rééducation sont favorisées en post-opératoire. La reprise de l’alimentation sera rapide et le nombre de cathéters limité au strict minimum.

Côté chirurgical, le chirurgien utilise des procédures standardisées (dites mini-invasives) pour que le geste opératoire soit le plus court possible, limitant ainsi la souffrance des tissus en dessous de ce que voit par le patient (sous la cicatrice).

Avec toutes ces mesures, le patient est dirigé vers la salle de réveil où il va s’éveiller très rapidement (en cas d’anesthésie générale) et voir tout de suite son articulation opérée fonctionner sans douleur. Il remontera donc rapidement dans sa chambre et sera prêt pour débuter sa rééducation.

PHASE 3

Les suites post-opératoires.

Les jours suivant l’intervention, une attention particulière sera portée à la limitation des douleurs et à la récupération rapide de la fonction (lever précoce, marche, amplitudes articulaires avec les compétences et la réassurance d’un kinésithérapeute).

Le but recherché étant d’induire un réflexe positif chez le patient qui pourrait se résumer ainsi : « Je viens de me faire opérer, j’étais parfaitement au courant de ce qu’on allait me faire, j’étais préparé, en forme, je ne m’attendais pas à récupérer aussi vite, donc j’adhère et je reprends vite mes habitudes ».

Le patient est donc rapidement « réautonomisé » et peut donc rentrer à son domicile où tout est déjà programmé (soins infirmiers, rééducation, etc.).

A qui s’adresse la RRAC et ce qu’elle n’est pas ?

Elle s’adresse à tous les patients, quel que soit leur âge, opérés en chirurgie programmée.

Bien sûr, nous sommes tous différents et réagissons plus ou moins positivement à ce type de programme, certains vont aller très vite, d’autres un peu plus lentement.

Un bénéfice secondaire de la RRAC est de diminuer la durée d’hospitalisation mais bien entendu, il n’est pas question « de mettre les gens dehors » coûte que coûte. Tout est « à la carte », en fonction de l’état de santé initial du patient et de sa progression après l’intervention.

Un esprit chagrin pourrait y voir une motivation exclusivement économique, mais le lever précoce et la sortie rapide ne constituent pas le but premier de ces protocoles.

Ce sont plutôt des moyens qui permettent de diminuer l’inconfort et les complications postopératoires. La récupération des patients est radicalement transformée, ils ne sont plus « malades », ils sont « opérés ». Ce sont paradoxalement les patients les plus âgés et les plus fragiles qui en retirent le plus grand bénéfice !

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