Docteur Michaël Hossenbaccus - Chirurgien Orthopédiste - Chirurgien du membre inférieur - Chirurgie de la main - Consultations sur rendez-vous au 05 53 02 16 17

L’arthrose du genou (gonarthrose)

La gonarthrose correspond à l’usure du cartilage du genou.
Le cartilage recouvre les extrémités osseuses du fémur, du tibia et de la rotule.
Ce cartilage lisse, de consistance molle mais résistante aux conditions d’utilisation physiologique de l’articulation agit en interface entre les structures osseuses. Ce cartilage permet le glissement entre ces structures. La vascularisation du cartilage et les possibilités de régénérescence sont mauvaises expliquant le caractère définitif lorsque la lésion est constituée.

L’usure est variable :

  • Elle peut être incomplète avec une diminution de l’épaisseur du cartilage. La surface devient irrégulière.
  • Elle peut être complète avec disparition complète du cartilage. La surface osseuse du fémur est au contact de celle du tibia ou de la rotule au contact du fémur.

L’arthrose peut atteindre un seul compartiment du genou ou plusieurs compartiments.

Anatomie du genou

Il est classique de définir trois espaces sous trois compartiments différents au niveau de l’articulation du genou :

  • Le compartiment interne correspond au condyle fémoral (extrémité distale et interne du fémur) et au plateau tibial interne.
  • Le compartiment externe correspond au condyle latéral et au plateau tibial latéral externe.
  • Le compartiment fémoro-patellaire correspond à la face articulaire profonde de la rotule et la face inférieure et antérieure (trochlée) du fémur.

Nous utilisons le terme « d’arthrose unicompartimentaire » (ou uni-compartimentale), lorsque l’atteinte cartilagineuse concerne un seul compartiment. L’arthrose tricompartimentaire est l’atteinte des trois compartiments.

Étiologies (causes) de l’arthrose du genou

  • la gonarthrose primitive : elle est primitive lorsqu’aucune cause spécifique ne permet d’expliquer la survenue de lésions d’usure du cartilage. Une prédisposition familiale est parfois retrouvée.
  • Le morphotype en genu varum ou genu valgum :

    Le patient qui présente une déviation en dedans (genu varum) de son genou sera exposé à une atteinte cartilagineuse du compartiment interne. En position debout, les contraintes mécaniques liées au poids du corps et l’énergie cinétique seront plus importantes au niveau du compartiment interne.

    À l’opposé, le patient porteur d’une déviation en dehors (genu valgum) sera exposé à une arthrose externe. Dans les deux cas la surcharge pondérale majore le potentiel arthrosique.

  • Les séquelles post-traumatiques :
  • La fracture articulaire avec atteinte du cartilage. La consolidation osseuse avec une déviation de l’axe du membre. Les séquelles traumatiques de lésion ligamentaire (une instabilité ligamentaire chronique du genou).

  • La dysplasie fémoro-patellaire : Une anomalie congénitale de l’articulation de la rotule et/ou du fémur crée des contraintes excessives puis peut générer de l’arthrose.
  • L’ostéonécrose et ostéochondrite du genou : Cette pathologie est souvent d’origine vasculaire, localisée le plus souvent dans un seul compartiment, peut être à l’origine de lésions arthrosiques. La prise en charge de ces lésions est souvent difficile car elles surviennent volontiers chez les patients jeunes et sportifs.
  • Les maladies de la synoviale (exemple : chondromatose) et les rhumatismes.

Les signes cliniques de la gonarthrose

Les douleurs constituent le principal symptôme. Elles sont le plus souvent de type mécanique. Elles sont souvent importantes au lever et elles peuvent s’atténuer après mise en activité de l’articulation pour reprendre de l’intensité à la fatigue. La gêne douloureuse est responsable d’une limitation progressive des activités et d’une réduction du périmètre de marche. Il y a un retentissement dans la vie quotidienne avec des difficultés à monter ou descendre des escaliers, des difficultés à s’accroupir. La douleur est le facteur déterminant de la prise en charge du traitement. La fréquence, l’intensité, la durée des crises, le caractère diurne exclusif ou permanent, le retentissement sur la qualité du sommeil et le retentissement sur l’activité quotidienne sont des facteurs déterminants pour le type de traitement à envisager.

Les craquements, surtout présents lorsque les lésions cartilagineuses sont profondes où il y a une mise en contact direct des surfaces osseuses.

L’épanchement articulaire (hydarthrose ou « épanchement de synovie »). Le genou a tendance à présenter des épanchements (gonflements) à répétition.

La raideur articulaire. Certains mouvements ne sont plus possibles, comme l’extension complète de la jambe. Cela entraîne des difficultés supplémentaires à la marche. Il y a une limitation de la flexion du genou.

L’instabilité du genou. Les douleurs du genou peuvent s’accompagner d’une perte de contrôle du genou (dérobements) lors de la marche ou des exercices physiques (instabilité).

La déformation du genou. Surtout présente lorsque la gonarthrose est sévère. Le genou est déformé par l’accentuation de la déviation, par l’importance du gonflement, par la raideur articulaire et parfois par les reliefs osseux (ossification, becs osseux ou ostéophytoses) qui sont augmentés.

Examens paracliniques

Le bilan radiographique comprend des radiographies du genou de face, de profil, en schuss et un défilé fémoro-patellaire afin d’objectiver le grade de l’arthrose et quel compartiment est atteint. Parfois une radiographie du bassin est nécessaire quand l’examen clinique évoque une arthrose de hanche associée ou non (une arthrose de hanche peut donner des douleurs projetées vers le genou).

Une radiographie de l’ensemble des membres (pangonogramme) est demandée afin d’évaluer la désaxation du membre inférieur.

D’autres examens complémentaires (Scanner, IRM) sont parfois demandés pour aider à la prise en charge thérapeutique.

Le traitement

L’objectif principal du traitement est de soulager la douleur et d’améliorer les mobilités.

Le traitement médical :

Règles hygiéno-diététiques : Perte de poids, activités physiques de maintien des mobilités (vélo, natation, etc.).

Le traitement per os : antalgiques, anti-inflammatoires.

Les injections : visco-supplémentation par de l’acide hyaluronique, infiltration aux corticoïdes.

La kinésithérapie est parfois nécessaire pour la récupération des mobilités.

La canne anglaise peut aider à diminuer le poids du corps sur le genou.

Le traitement médical est indiqué lorsque les lésions arthrosiques sont débutantes ou localisées.

Lorsque le traitement médical est dépassé, le traitement chirurgical peut être proposé.

Les traitements chirurgicaux :

  • Les ostéotomies

Lorsque l’arthrose est localisée à un compartiment (interne ou externe) sur une déviation du membre, nous pouvons opter pour un traitement conservateur qui est l’ostéotomie. Elle a pour objectif de corriger l’axe du membre permettant une meilleure répartition des charges et des contraintes au niveau du genou. Cette ostéotomie va permettre de soulager les douleurs et de stabiliser l’arthrose chez le patient jeune. Elle ne fait pas disparaître l’arthrose. En fonction du type d’arthrose, l’ostéotomie siègera au niveau du tibia ou du fémur.

  • Les prothèses

Lorsque l’arthrose est sévère, résistante au traitement médical bien suivi et que nous sortons de l’indication d’une ostéotomie, il se discute un remplacement par une prothèse de genou.

Les surfaces articulaires usées ou endommagées peuvent être remplacées par une prothèse articulaire. Les prothèses peuvent être partielles (uni-compartimentales interne ou externe, fémoro-patellaire) ou totale (prothèse totale de genou).

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