Docteur Michaël Hossenbaccus - Chirurgien Orthopédiste - Chirurgien du membre inférieur - Chirurgie de la main - Consultations sur rendez-vous au 05 53 02 16 17

Arthrose de la hanche

La hanche correspond à l’articulation entre l’os coxal (le bassin) et le fémur (l’os de la cuisse). On parle de l’articulation coxo-fémorale. Elle fonctionne à la manière d’une bille (la tête du fémur) dans une demi-sphère (la cavité acétabulaire du bassin ou cotyle). Les mouvements de cette articulation sont normalement possibles grâce à la présence de cartilage recouvrant les surfaces osseuses en contact. Elle permet la transmission des forces et la réalisation des mobilités nécessaires à la marche, la course, les changements de positions ….

QU’EST CE QU’UNE ARTHROSE DE LA HANCHE ?

L’arthrose de la hanche ou coxarthrose correspond à une usure du cartilage. Si ce cartilage est usé de façon importante, par suite d’un phénomène de vieillissement naturel ou d’une déformation des structures osseuses, il se produit un « grippage » lors des mouvements, entraînant plus ou moins rapidement un contact direct os de cuisse et os du bassin et progressivement une déformation des structures osseuses elles-mêmes.

Cette coxarthrose peut être :
– primitive,  liée à une maladie du cartilage.
– secondaire, liée à un excès de sollicition mécanique :                                                                  par une surface portante inappropriée, la dysplasie du cotyle ou des déformations ou des dysmorphies acquises (séquelles d’ostéochondrite, d’épiphysiolyse, d’une fracture articulaire, d’une ostéonécrose…), par augmentation de la résultante des forces dans la coxa valga ou lors d’une obésité.

QUELS SONT LES SYMPTÔMES ?

Ce fonctionnement anormal de l’articulation entraîne progressivement des douleurs, d’abord simplement à la marche ou à la reprise d’activités (mécaniques), puis continuelles, avec apparition de douleurs nocturnes. Cette douleur est présente lors des changements de position, notamment le matin au réveil : il existe un dérouillage. Ces douleurs sont généralement situées au pli de l’aine, mais peuvent se manifester au niveau du genou, de la cuisse ou de la région fessière. L’évolution de la douleur est imprévisible. La douleur est différente d’une personne à une autre. En règle générale la douleur évolue de façon progressive, par crise plus ou moins longue et d’intensité très variable, jusqu’à devenir permanente.
Les activités sont perturbées et notamment la marche avec boiterie et parfois l’aide obligatoire de cannes. De même la pratique des escaliers est limitée, avec gêne fréquente lors des activités usuelles. La conséquence des douleurs entraine une diminution des déplacements et réduit le périmètre de marche. La hanche peut s’enraidir et en particulier certains mouvements ne sont plus possibles. Difficultés à se faire les ongles des pieds, puis à mettre ses chaussettes et enfin à enfiler ses chaussures et à faire ses lacets.
Le mauvais fonctionnement de l’articulation de la hanche peut en outre retentir de façon très défavorable sur les articulations voisines et notamment la partie basse de la colonne vertébrale.

L’évolution de l’arthrose de hanche se fait de façon lente mais inexorable vers l’aggravation progressive avec diminution du périmètre de marche et de la mobilité de la hanche. La boiterie devient majeure et la hanche se bloque en abduction, rotation externe et en flexion.
La coxarthrose destructrice rapide (CDR) est une forme de coxarthrose primitive dont l’évolution est extrêmement rapide, entre six mois et deux ans et elle est bilatérale dans 25 % des cas.

COMMENT FAIT-ON LE DIAGNOSTIC ?

Le diagnostic de coxarthrose est avant tout clinique et confirmé par la radiologie.

Sur une radiographie du bassin de face debout et de profil, on retrouvera :
Le pincement de l’interligne articulaire,
Les ostéophytes (constructions osseuses),
La condensation osseuse au niveau des zones d’hyperpression,
Les géodes (des lacunes),
Les différentes formes de coxarthrose selon le siège principal de l’usure : polaire interne (usure de l’articulation en interne), polaire supérieure (usure supérieure) et globale,
Les éléments associés d’une coxarthrose secondaire.

Les étiologies (causes) de la coxartrose :

Coxarthrose primitive :

L’arthrose est primitive (fig1) lorsqu’elle survient en l’absence de facteurs favorisants ou causes connues.

Bassin de face coxarthrose

Coxarthrose secondaire :

 A l’inverse, l’arthrose de la hanche est dite secondaire lorsqu’elle est liée à une pathologie préexistante sous-jacente.
Les principales causes sont les suivantes (liste non exhaustive) :

  1. Ostéonécrose aseptique de la tête fémorale (fig 2)
  2. Malformation pré-existante ou dysplasie de hanche. Anomalie architecturale de couverture de la tête fémorale par le cotyle.
  3. Conflit de hanche. Lié à une protrusion acétabulaire (à un cotyle trop profond) ou à une rétroversion cotyloïdienne (cotyle qui regarde vers l’arrière au lieu de regarder vers l’avant).  Liée à un conflit fémoro-acétabulaire : Une came fémorale (une bosse sur le col fémoral) ou une pince cotyloïdienne (cotyle trop recouvrant). Ces anomalies vont entraîner des butées et des conflits lors des mouvements répétés de hanche.
  4. Séquelles de pathologies de hanche dans l’enfance (pathologies de l’enfance et de l’adolescence pouvant entraîner des anomalies de la sphéricité de la tête fémorale :
    – Epiphysiolyse,
    – Luxation congénitale de hanche,
    – Ostéochondrite.
  5. Arthrose post-traumatique. Les fractures articulaires peuvent entraîner à plus ou moins long terme de l’arthrose.
  6. Des arthropathies métaboliques :
    – Chondrocalcinose,
    – Maladie de Wilson,
    – Hémochromatose …
  7. Maladies systémiques :
    – Arthrites inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante),
    – Maladie de Paget …
IRM nécrose hanche droite

Quels sont les principes du traitement

Le traitement est médical et chirurgical.

Traitement médical

Le traitement médical vise à diminuer les douleurs et à protéger la hanche malade. En cas de coxarthrose secondaire, il ne doit pas retarder une éventuelle correction chirurgicale des anomalies anatomiques.

  • Lutter contre la surcharge pondérale.
  • Porter une canne du côté opposé à la hanche douloureuse.
  • Éviter les marches prolongées ainsi que les activités sportives intenses.
  • Lutter contre les attitudes vicieuses (flessum).
  • L’activité physique n’est pas à bannir. Il faut privilégier les sports comme la natation ou le cyclisme.
  • Les traitements antalgiques ou anti-inflammatoires visent à lutter contre la douleur pour préserver une certaine autonomie.
  • Les infiltrations locales de corticoide peuvent aussi calmer les douleurs et améliorer la qualité de vie mais elles doivent être réalisées avec parcimonie.
  • L’acide hyaluronique ou viscosupplémentation : une seule injection par an, au maximum peut être proposée. Pourcentage peu élevé de réponse à ce traitement. S’il y a une indication chirurgicale de prothèse totale de hanche, l’intervention devra être repoussée six mois après la dernière injection pour éviter le risque infectieux.
  • La kinésithérapie a pour but d’entretenir la force musculaire (principalement le quadriceps et les fessiers) et la mobilité de la hanche.

Traitement chirurgical

  • En cas de coxarthrose secondaire peu évoluée ou localisée, les interventions chirurgicales conservatrices visent à corriger les anomalies anatomiques existantes pour protéger la hanche.
  • En cas d’échec du traitement médical bien conduit, l’indication d’une prothèse totale de hanche doit être posée. En accord avec le patient, ce geste doit être guidé par la gêne fonctionnelle et non par l’usure radiologique (il n’y a en effet pas systématiquement de parallélisme entre la gêne fonctionnelle et l’aspect radiologique).
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